12 janvier 2017

Intervention de François Pelegrin : BIM et plancher-dalle pour un bâtiment durable

Pour le BTP : le changement, c’est maintenant ! Tel est le message qu’a tenu à délivrer François Pelegrin à la convention commerciale organisée par Rector le 12 janvier dernier. Invité à la convention commerciale de Rector, l’ancien président de l’UNSFA l’affirme sans ambages : le bâtiment doit sortir de l’âge de pierre. Et s’appuyer sur deux piliers pour durer : la préfabrication et le BIM.

 

Penser durable, c'est penser global 

 

Architecte-atypique, chercheur, qui, selon ses propres mots « creuse le sillon du BIM depuis 30 ans », François Pelegrin est l’homme des vérités qui dérangent. Rien d’étonnant donc à ce qu’il voie dans la RT 2018 ‘’une approche plus humaniste’’ du développement durable, et l’occasion d’un changement salvateur des technologies et pratiques du BTP. « La France est arc-boutée sur une vision purement thermique depuis 18 ans. On va enfin embrasser plus large », se félicite-t-il.

Pour la première fois, de fait, la réglementation qui pourrait entrer en vigueur à l’horizon 2018 se propose de prendre en compte dans le calcul des performances énergétiques et de l’impact carbone du bâti l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, de la construction à la déconstruction.

 

Une nouvelle ère s’ouvre : celle du poteau plancher-dalle

 

Une mutation majeure qui impose, selon François Pelegrin, de se tourner vers des modes constructifs évolutifs, démontables, et pérennes. « Avec un système constructif traditionnel, à moins de faire usage de dynamite, on ne déconstruit pas le bâtiment. Avec un système préfabriqué, la problématique est tout autre », précise malicieusement l’architecte. En plus des atouts en termes qualitatifs, de réduction des délais et nuisances, de régulation des déchets sur chantier, la démontabilité des bâtiments préfabriqués se voit en effet largement facilitée.

Constitués d’éléments assemblés, livrés prêts à poser, ces derniers sont en effet construits pour être montés et démontés facilement. Un système constructif, en particulier, incarnerait l’ère du bâtiment durable : le poteau-plancher-dalle. Ouvert à tous les changements d’identité de façade, aisément reconfigurable au gré des évolutions et choix des promoteurs, il signe l’avènement d’un bâti évolutif et aisément adaptable tout au long de son cycle de vie.

 

Changer le dialogue entre architecte et industriel : la réponse du BIM

 

« Aujourd’hui, le concepteur doit penser le bâtiment en termes global, jusqu’à la déconstruction », insiste François Pelegrin. Dans un contexte où l’ensemble des contraintes de performances thermiques, sismiques, doivent être simulées aisément, où l’ensemble des mutations structurelles doivent être anticipées dès la conception, le dialogue entre l’architecte et l’industriel doit s’amorcer dès la phase de conception. Et pour ce faire, un outil, plus que jamais, s’impose, comme une évidence : le BIM.

Le passage du plan 2D à la maquette 3D révolutionne la compréhension du projet et redéfinit les contours de la collaboration entre maître d’ouvrage et maître d’œuvre : « Avec le BIM, chacun parle le même langage. Mieux, chacun se promène librement dans le projet, prend une mesure ici, se promène dans les allées d’un collectif en projet, effectue toute simulation économique, thermique, sismique nécessaire en quelques clics, bref, s’approprie le projet dès la phase d’études. »

En offrant les clés du bâtiment dès la phase de pré-étude, et en utilisant le BIM comme un superviseur de contraintes, l’industriel noue avec les donneur s d’ordre une relation de confiance aux avantages bien compris par ces derniers. A tel point que la question n’est plus ‘’To Bim or not to Bim, mais ‘’Bim ou has been’’, conclut-il : « D’ici trois ans, tous les acteurs de la construction en activité l’utiliseront. »

Nul doute, mieux construire le bâtiment du futur, ça commence maintenant.



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